{"id":2091,"date":"2023-07-25T19:32:07","date_gmt":"2023-07-25T17:32:07","guid":{"rendered":"https:\/\/sopad.bi\/?p=2091"},"modified":"2023-07-25T19:32:07","modified_gmt":"2023-07-25T17:32:07","slug":"copad-abatwa-une-communaute-comme-les-autres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/copad-abatwa-une-communaute-comme-les-autres","title":{"rendered":"COPAD : &#8220;Abatwa&#8221; une communaut\u00e9 comme les autres!\u00a0"},"content":{"rendered":"<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/nikoseed.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/IMG_4820-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2092\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Quand on parle de \u00ab&nbsp;Abatwa&nbsp;\u00bb, on comprend une communaut\u00e9 \u00e0 part, dont dirait-on, la loi et r\u00e8glement du pays sont faits pour les uns et non pour les autres. Depuis des d\u00e9cennies, cette cat\u00e9gorie de gens n\u2019a jamais pu d\u00e9fendre ses int\u00e9r\u00eats et son existence reste m\u00e9pris\u00e9e tandis qu\u2019autour d\u2019eux, le monde continue \u00e0 danser sur son propre tempo. Pour tirer l\u2019\u00e9pingle du jeu, la coop\u00e9rative COPAD encadre 14 femmes de cette communaut\u00e9 dans les activit\u00e9s de d\u00e9veloppement \u00e9conomique de la commune Kiganda de la province de Muramvya.&nbsp;&nbsp; <em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est 9h 30. Nous sommes vendredi. Les rayons solaires tapent moins fort sur l\u2019endroit o\u00f9 une \u00e9quipe de jeunes femmes de la communaut\u00e9 des Batwa de la Commune Kiganda fredonnent des chants de joie au rythme d\u2019une danse traditionnelle \u00e0 l\u2019attente du lancement des activit\u00e9s culturales de la Coop\u00e9rative COPAD. A la t\u00eate du groupement, Madame B\u00e9nigne Kigeme exprime d\u2019abord sa joie avant de relater les attentes qu\u2019elles ont envers la coop\u00e9rative parmi lesquelles, une union et une opportunit\u00e9 de se faire valoir aupr\u00e8s des villageois voisins qui, dans un coin se moquaient avec des mots lourds \u00ab&nbsp;Ntamuntu asangira nabatwa aba ari igicibwa&nbsp;\u00bb litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;l\u2019on est une personne maudite quand on s\u2019assoit avec les batwa&nbsp;\u00bb comme quoi, elles ne sont pas des personnes de la lign\u00e9e de l\u2019homo sapiens. D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, les 14 femmes dont il \u00e9tait question s\u2019en foutaient comme si elles avaient pris l\u2019habitude de dig\u00e9rer de telles injures.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 tout, rien au monde ne pourrait couper l\u2019allure des femmes batwa de la commune Kiganda pour leur vision et leur volont\u00e9 de se cr\u00e9er un groupement. A leur premi\u00e8re demande, leur d\u00e9sire est de se faire conna\u00eetre au niveau communal afin de travailler de fa\u00e7on formelle. Outre cette n\u00e9cessit\u00e9, elles veulent acqu\u00e9rir un mat\u00e9riel de travail afin de pouvoir, lorsqu\u2019elles ne vaquent pas aux activit\u00e9s de la coop\u00e9rative, pouvoir aller travailler dans les champs des gens et gagner de l\u2019argent. Elles veulent aussi constituer une caisse d\u2019\u00e9pargne pour pr\u00e9parer leur avenir et aussi pour pouvoir financer leurs microprojets dont l\u2019\u00e9levage des ch\u00e8vres et des porcs priment.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Toute une cha\u00eene de b\u00e9n\u00e9ficiaires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A voir l\u2019ambiance et la joie qui r\u00e9gnait sur les visages de ces jeunes dames, on peut deviner qu\u2019elles avaient vraiment besoin d\u2019un catalyseur pour commencer ce projet qu\u2019elles attendaient depuis des mois. L\u2019on peut conclure qu\u2019elles y esp\u00e9raient des revenus et que ceci \u00e9tait d\u2019ailleurs la raison de leur union.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La pr\u00e9nomm\u00e9e Yolande Buganayandi, une femme membre de l\u2019\u00e9quipe s\u2019exprime&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous n\u2019avons pas de terre, nous vivons dans des conditions d\u2019extr\u00eame pauvret\u00e9. Bienvenue la COPAD qui vient nous donner un coup de main. <\/em><em>Dor\u00e9navant, nous pourrons gagner de l\u2019argent et envoyer nos enfants \u00e0 l\u2019\u00e9cole. En plus nos familles pourront manger \u00e0 sati\u00e9t\u00e9<\/em>.&nbsp;\u00bb &nbsp;Avant d\u2019ajouter que \u00ab&nbsp;<em>La COPAD nous permettra aussi d\u2019avoir du petit b\u00e9tail pour \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9. Nos maris n\u2019auront plus \u00e0 se faire \u00e0 eux seuls pour subvenir aux besoins familiaux&nbsp;<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est seulement pas les femmes qui en tirent profit, c\u2019est plut\u00f4t toute une cha\u00eene de b\u00e9n\u00e9ficiaires jusqu\u2019au consommateur finale des produits agricoles qui en savoure le go\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Du labour au semis, du sarclage \u00e0 la r\u00e9colte, toute une cha\u00eene d\u2019activit\u00e9s se chevauche et permet aux femmes de gagner leur pain quotidien. Pour des travaux qui exigent de la force musculaire, comme le d\u00e9racinement des souches d\u2019arbres, les femmes b\u00e9n\u00e9ficiaires du projet font recours au soutien de leurs maris. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est aussi l\u2019administration locale qui se r\u00e9jouit de ce projet de d\u00e9veloppement visant les personnes vuln\u00e9rables et \u00e9cart\u00e9es de la soci\u00e9t\u00e9, par les propos d\u2019un conseiller collinaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un tas de d\u00e9fis relev\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les femmes Batwa de Kiganda n\u2019ont pas de terres cultivables. Elles vivent essentiellement des travaux de gage qu\u2019elles ex\u00e9cutent aupr\u00e8s des exploitants agricoles, \u00e0 d\u00e9faut, elles passent du temps dans les rues ou sur les chefs-lieux des centres pour mendier ou qu\u00e9mander de quoi mettre sous la dent. La coop\u00e9rative COPAD exploite une superficie d\u2019environ 3,5 ha o\u00f9 elle fait pousser des cultures vivri\u00e8res comme le ma\u00efs, le haricot et la pomme de terre, l\u2019hibiscus et le maracuja. Selon Madame Claudette Nduwayezu, la pionni\u00e8re de cette activit\u00e9, une partie de r\u00e9coltes soit l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un hectare sera utilis\u00e9e pour nourrir les familles de ces femmes b\u00e9n\u00e9ficiaires tandis qu\u2019une autre sera vendue pour assurer la p\u00e9rennit\u00e9 du projet.<\/p>\n\n\n\n<p>Outre une partie des r\u00e9coltes qui leurs reviennent, les femmes b\u00e9n\u00e9ficiaires sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es journali\u00e8rement sur toutes les t\u00e2ches champ\u00eatres. Le co\u00fbt moyen de la main d\u2019\u0153uvre est de 2&nbsp;500 Fbu par jour pour une femme tandis qu\u2019il est de 3&nbsp;000 Fbu par jour pour un homme. Ce qui veut dire que, en moyenne une femme peut encaisser 300&nbsp;000 Fbu pour une saison, suffisamment de quoi s\u2019acheter du b\u00e9tail ou soit un revenu moyen d\u2019un fonctionnaire de niveau licence.<\/p>\n\n\n\n<p>La COPAD a mis en place un plan de restauration de ses b\u00e9n\u00e9ficiaires et souvent de leurs enfants lors des journ\u00e9es de travail pour leur \u00e9viter le souci culinaire. Un fait, vraiment satisfaisant pour ces femmes comme le souligne Triphonie Ngendakumana, l\u2019une des membres du groupement. Ce plan a aussi \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 dans l\u2019optique de lutter contre la malnutrition s\u00e9v\u00e8re qui faisait rage dans les enfants de cette communaut\u00e9, au lieu de croire aux f\u00e9tiches et au balai de la sorci\u00e8re comme l\u2019a toujours \u00e9t\u00e9 le cas lorsqu\u2019une mort soudaine leur survient. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9daction, ID<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/nikoseed.org\/wp-content\/uploads\/2023\/07\/IMG_4599-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-2093\"\/><\/figure>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand on parle de \u00ab&nbsp;Abatwa&nbsp;\u00bb, on comprend une communaut\u00e9 \u00e0 part, dont dirait-on, la loi et r\u00e8glement du pays sont&#8230;<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":2092,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"give_campaign_id":0,"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[46],"tags":[],"class_list":["post-2091","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-copad"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2091","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2091"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2091\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2092"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2091"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2091"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/nikoseed.org\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2091"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}